Samedi 15 novembre 2008 6 15 /11 /Nov /2008 12:41
Nous avons impunément déserté ces pages pendant plus de deux semaine consécutives. Alors même que sonne le glas de notre périple. Pourtant, une part en moi avait craint que cela n’arrive bien plus tôt. Essayons donc à présent de rattraper le temps perdu…

Le dernier chapitre de l’aventure - on l’avait décidé très tôt, alors même qu’on était encore en train de récurrer les toilettes d’un centre commercial australien - se déroulerait sur les îles du sud de la Thaïlande. Pour le farniente final et la plongée.
A Koh Tao (littéralement « L’Ile de la Tortue »), nous trouvions, par chance et sans l’aide d’un quelconque guide aux envolées lyriques trompeuses, un bungalow coquet presque les pieds dans l’eau. A la nage ou au kayak, nous avions accès à une plage quasi déserte, nous épargnant le flot continuel de touristes des îles thaïlandaises. Un lieu de repos idyllique. O luxe, calme et volupté !
Trois jours plus tard, pourtant, nous emménagions dans un autre bungalow de Sairee Beach, le centre touristique de l’île, plutôt calme en cette période de transition saisonnière. Nous allions passer notre diplôme de plongée, l’Open Water PADI. Nelly, comme toujours, évoluait dans l’eau avec une aisance naturelle. Un peu moins sur terre, où elle n’écoutait pas grand chose de ce que nous expliquait Vincent, notre instructeur. Quant à moi, c’était le contraire : j’écoutais plus qu’attentivement Vincent lors des explications d’exercice de peur d’oublier ou de ne pas savoir comment faire. Mais, une fois dans l’eau, l’angoisse prenant le dessus, je mélangeais tout ce qu’il nous avait dit.
Malgré les maladresses, les déconvenues et le mal de mer qui m’a fait me vider les tripes de bon matin, entre deux plongées, par dessus le bastingage, on a toutes les deux notre PADI !
Après Koh Tao, nous avons mis les voiles vers Koh Lanta. La pluie en continu nous a forcé à écourter notre séjour et à nous rendre sur Koh Phi Phi, une île particulièrement touristique.
Le temps nous étant malheureusement compté, notre dernière étape nous mènerait vers la jungle, la vraie, la nature avant de réattaquer une dernière fois la jungle urbaine de Bangkok.
La spécialité à Khao Sok, ce sont les tree-house, ces cabanes perchées dans les arbres. La nature sauvage alentour, les cigales thaïlandaises qui claironnent dans un vacarme parfois assourdissant, les singes qui se chamaillent ou décident de lancer des branches d’arbres sur le toit, la nuit, en plein rêve. Les grognements des chiens sauvages, entre chien et loup. La rivière qui suit son cours paisiblement en contrebas et que l’on traverse à gué dans la nuit noire, de retour du restaurant, accompagnées d’un serveur et de sa lampe torche.
Dépaysées, c’est, non sans peine, que nous avons regagné l’urbanisation dense et galopante de Bangkok pour assouvir une dernière volonté : les achats de dernière minute.
Par Laetitia et Nelly - Publié dans : Carnet de Route
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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 15:26

Par delà la fenêtre entrouverte nous parvient le tumulte de la rue. Un gamin pleure des larmes de crocodiles, d’autres s’égosillent en jouant, une musique de karaoké en fond sonore et toujours l’immuable ronronnement des moteurs. Il fait nuit, le marché a fermé ses étals. Restent les sacs éventrés au beau milieu de la chaussée, offrandes dont se repaissent les vaches solitaires. Le Cambodge respire placidement sous notre fenêtre…


Quelle que soit le chemin entrepris, la douceur et la joie de vivre se lisent sur les visages rayonnants des Cambodgiens. On en oublierait presque que la page la plus dramatique de leur histoire est à peine tournée. Pourtant, les estropiés qui peuplent les rues viennent chaque jour vous rappeler cette cruelle réalité.

De 1975 à 1978, Pol Pot et sa clique pratiquent un véritable génocide et exterminent près de deux millions de leurs concitoyens. Travaux forcés, famine, viols, emprisonnements, exécutions sommaires sont le lot quotidien. Encore de nos jours, les mines antipersonnelles posées par les Khmers Rouges dans les rizières démembrent, décharnent, tuent. Signatures de fantômes maléfiques qui courent toujours.

Un voyage au Cambodge, c’est comme entamer un pèlerinage dans le temps, inexorable, et dans l’Histoire, implacable. De Siem Reap à Battambang, sur un rafiot à la rencontre des villages lacustres. Une échappée belle à moto dans la campagne de Battambang. De la boue, dans laquelle on s’enfonce jusqu’au mollet sans rien pouvoir y faire. Pour finalement y laisser sa tong.

Phnom Penh et son rafut, sa folie, sa démesure de capitale frénétique. Mais toujours cette musique lancinante qui vous fait tanguer, chavirer. La prison de Tuol Sleng (ou S-21, c’est du pareil au même), où les Khmers Rouges ont séquestré, torturé et massacré. Une démarche essentielle, pour ne surtout rien laisser s’échapper. Pour que l’horreur ne laisse pas place au déni et à l’oubli. Des photos de visages qui interrogent, qui baissent les yeux, qui tentent de tenir le coup, qui accusent. Ils vous prennent aux tripes et vous laissent une douleur sourde.

Kratie, au nord-est de Phnom Penh, enfin, et une autre promenade champêtre à moto, d’autres instantanés magiques, d’autres moments inouis et inoubliables. Des ados à bicyclette, quittant gaiement les rangs de leur classe ordonnée.



D’autres, plus jeunes, jouant au volley sur un terrain improvisé.



Des grands-mères parsemées de rides qui vous scrutent, vous dévisagent de leurs petits yeux voilés et dont le visage finit par vous répondre en s’éclaircissant d’un immense sourire. Des bicoques de bric et de broc, en teck, en paille, en bois, toujours ouvertes sur l’extérieur, où se jouent des instants de partage, de communion, des déchirements et des drames aussi, certainement. La rue boueuse est habitée de rires, de chants, de cris, qui rebondissent sur les cartables et sur les toits de chaume. De petites vendeuses aux étalages spartiates. Des scénettes quotidiennes improvisées et authentiques. On aimerait les contempler, encore et toujours.

Dans deux jours, on quitte déjà le Cambodge et ses âmes belles, des souvenirs plein la tête et des sourires plein le cœur. C’est notre avant-dernière nuit ici et, comme dirait Nelly, ‘on a l’ cafard’. La chambre aussi nous le rappelle, nous en fournissant par vingtaine, une véritable armée de ces cafards ragoûtants. On tente de s’en débarrasser tant bien que mal, mais ils reviennent, les salauds, comme des sangs-sue qui s’agrippent à la chair des paysans dans les rizières. Comme le Cambodge qui colle à la peau.

Par Laetitia et Nelly - Publié dans : Carnet de Route
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Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /Oct /2008 05:29

Des vestiges millénaires s’élèvent devant nos yeux. Angkor Wat se tient là, majestueux…

 

L’imaginaire collectif s’est tellement nourri de ces images de bout du monde et d’exotisme que représente Angkor qu’on y pénètre comme dans un rêve.

On pense surtout à Angkor Wat, un des temples les plus étendus, effigie du drapeau cambodgien. Une chaussée dallée y mène, longue de 200 mètres. De longs corridors de pierres sculptées relatant des épopées, des légendes, des combats. Des Apsaras, ces danseuses célestes de la mythologie khmère, couvrent les murs .

Angkor Wat est grandiose et très bien préservé. Mais le site d’Angkor est loin de s’arrêter là : on y dénombre pas moins de 280 temples ! Et la magie opère dès lors que l’on s’éloigne un peu du centre névralgique…

Des racines courent le long de pierres millénaires. Longues de plusieurs mètres. Elles tombent de bien haut, de l’arbre centenaire immense qui penche, perché qu’il est sur un vieux muret. Des feuilles galopent sur la roche, épousant les imperfections rongées par le temps.

Des pans effondrés forment un amas derrière lequel se cache parfois une Apsara sculptée.

Un dédale de couloirs pavés en enfilade précèdent quelques cours gagnées par la végétation.

Les lianes et les ronces deviennent indissociables de l’architecture tant elles épousent harmonieusement l’Histoire indélébile des lieux.

Il est comme une magie qui émane d’Angkor et surtout de ses temples les plus reculés. Leurs cœurs semblent palpiter sous la végétation luxuriante. Ils résonnent en un écho mystérieux qu’aucun charme ne saura dévoiler entièrement.

Par Laetitia et Nelly - Publié dans : Carnet de Route
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Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /Oct /2008 05:18

Depuis Saïgon, dans le sud du Viêt Nam, nous avons rejoint le Cambodge il y a de cela deux jours. Atterrissage à Siem Reap, à huit kilomètres des Temples d’Angkor…

 

Dès le lendemain de notre arrivée, nous avions prévu de démarrer la visite des temples. C’était sans compter sur ma carte bancaire qui avait décidé, sans préavis aucun, de faire la grève. Ne nous restez donc plus qu’à prendre notre mal en patience jusqu’à ce que la situation se débloque.

Après moult ruminages, nous votions à l’unanimité la location de vélo (pas de motos ici, interdites aux touristes).

A peine eut-on dépassé le centre-ville qu’une piste de terre, nids de poule en sûs, venait nous narguer. C’était parti pour les chemins buissoniers…

Paillottes sur pilotis brinquebalants au dessus d’une rivière paresseuse. Dans l’eau, des gamins, fesses à l’air, piquaient une tête. Ou bien l’heure du bain avait-elle sonnée, comme en témoignaient ces femmes à la peau savonneuse plongées dans de grandes bassines ? Ou encore cet homme, fier comme un paon, de se faire gratouiller le dos à l’éponge par son épouse ?

La vie, ici, n’est pas coincée entre quatre murs, mais bel et bien libre comme le vent.

Elle est dans les rires tonitruants des hommes, attablés sous la bâche pourrie d’une cantoche. Elle est sur les marches de bois des maisons où se réunissent la famille, les voisins, les amis. Elle est dans le hamac suspendu aux pilotis, dans lequel somnolent un vieillard, un jeunôt ou encore un nouveau-né dans les bras de sa mère. Elle est dans ce gamin qui tient à la main un cerf-volant bricolé de bouts de bois et de sachets en plastique. Elle est dans le regard brillant et vif des vieux. Elle est dans cette gamine haute comme trois pommes, qui tente de nous suivre sur son vélo à une roulette, et finit par se vautrer gentiment. Elle est dans ces groupes de mioches qui courent derrière notre vélo, cherchent à le pousser pour nous aider et disparaissent dans un rire collectif. Elle est dans tous ces ‘Hello’ et ‘Bye bye’ échappés d’on ne sait où, qui ponctuent notre chemin.

La vie, ici, insuffle sa mélodie joyeuse. Elle sème ses ritournelles bon enfant. Elle nous prend aux tripes et nous fige un sourire béat d’émerveillement. La vie, ici, est simple et touchante. Comme une douce contine livrée au vent.

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Dimanche 5 octobre 2008 7 05 /10 /Oct /2008 06:26

La journée à moto de la veille nous a tellement conquis que, le lendemain, on rempile et décide de repartir tous les quatre avec le même guide. Cette fois-ci, on ne montera pas autant en altitude mais le trajet s’avèrera peut-être encore plus impressionnant.

 

Après la route principale très fréquentée, nous bifurquons à droite et alors commence la piste caillouteuse. A peine y avons-nous posées les roues que le calme de la nature alentour nous saisit. Nous sommes seuls, environnés de rizières étagées, d’eau et de verdure. Seuls les locaux s’échinent, courbés et fourbus, dans les champs en contrebas. Malgré tout, à notre passage, certains s’arrêtent un instant pour nous sourire et nous faire signe de la main.


Tri nous apprend qu’en haut de la piste, il nous faudra faire demi-tour car celle-ci s’achève et il est impossible de poursuivre. Arrivés à destination, il nous invite à descendre et à visiter une école de village. Dehors, des gamins jouent, des femmes âgées et d’autres plus jeunes, en habits traditionnels H’mongs, discutent, des hommes sont assis et attendent.

Tous s’arrêtent un instant à notre passage : il n’est guère courant de voir des Blancs en cette contrée. Notre guide nous accompagne jusqu’à la salle de classe. Une dizaine d’enfants est sagement assise, attentive à son maître d’école. Les regards se tournent vers nous et les élèves se mettent à chuchoter, intimidés.


Puis tous entament en cœur une ritournelle et, une fois le chant fini, se ruent en criant et riant dehors : l’heure de la récré a sonné. Ils acourrent autour de nous, intrigués, pour notre plus grand bonheur. Lorsqu’on leur montre leurs visages sur l’écran de l’appareil photo, tous rient de se voir dessus, des doigts montrent l’image en se gaussant, d’autres commencent à poser pour être le prochain sur la photo.

Ils sont si attachants que l’on entend à peine François nous dire que nous sommes invités dans une famille. Nous montons un chemin de terre derrière l’école, suivis par une ribambelle d’enfants. L’une d’entre eux semble fière et ravie : nous nous dirigeons vers sa maison.

A l’intérieur, une pièce commune avec des petits bancs sur lesquels nous sommes priés de nous asseoir. On verse le thé et la petite fille fière de tout à l’heure nous l’apporte, timide, sous le regard de quelques camarades de classe restés sur le pas de la porte.

La grand-mère allume les braises, dans une petite pièce adjacente, pour préparer le repas de midi. Il y a tellement de monde à l’intérieur et de va-et-vient qu’on ne sait plus qui habite ici et qui est de passage. La convivialité habite jusqu’au sol de terre battue et on aimerait ne plus les quitter, ces gens si chaleureux et si vrais. Si authentiques.

Notre guide refuse poliment l’invitation à partager leur repas et, avec regret, nous prenons congé de nos hôtes. La fillette nous regarde nous éloigner, l’air triste et déçu.     

Cet après-midi là, après le déjeuner, la partie la plus hardue du trajet commence. D’innombrables ruisseaux se succèdent sur les pistes de terre caillouteuses. Il nous faut les traverser à moto. Pour Sarah et moi, le plus dur est de descendre de la moto et de faire une partie à pieds, les chanceuses ! On regarde Nelly et François se dépatouiller tant bien que mal avec leurs deux-roues.

Le plus périlleux se présente alors à nous : un petit pont suspendu en bambou nous fait face. Pas moyen de faire marche arrière, il faut le traverser. On s’y lance, le cœur battant, guère rassuré.

Après toutes ces images, tous ces moments de vie, tous ces sourires gratuits, le retour à la ville nous serre le cœur et nous attriste. La récré est finie !

Par Laetitia et Nelly - Publié dans : Carnet de Route
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Samedi 4 octobre 2008 6 04 /10 /Oct /2008 09:52

Pendant la colonisation, Sapa, dans le nord-ouest du pays, était une petite station climatique. De nos jours, c’est devenu un haut lieu du tourisme grâce à ses rizières à étages et ses ethnies montagnardes qui peuplent les alentours.

 

D’abord, en arrivant en ville, on est amusé par le premier contact avec les H’mongs noirs, une des tribus des environs. Toutes ces femmes et ces jeunes filles (souvent très jeunes d’ailleurs) veulent te vendre les mêmes babioles colorées, les mêmes tentures, les mêmes housses de coussin. Elles t’abordent toutes de la même façon : « Buy for me ! » « Later ? Tomorrow ? » (« Achète à moi ! » « Plus tard ? Demain ? »).

Puis, on réalise que cette ethnie court doucement à sa perte, ici, en ville, à vouloir vendre aux touristes un savoir-faire qu’elles vont perdre à force de courir après l’argent facile.

Heureusement, pour autant, que certains endroits sont pour le moment entièrement préservés. Le charme millénaire du Viêt Nam vous saisit alors. Irrépressiblement.

C’est par hasard qu’on a rencontré François à l’Office de tourisme de Sapa, alors qu’on avait un souci de carte bancaire (tiens donc comme c’est surprenant !). C’est de nouveau par hasard qu’on l’a revu attablé à un bar de la ville et qu’on a décidé de nous inclure dans son tour à moto avec Sarah, une autre Française, le lendemain.

Nous nous réveillons dans un épais brouillard. Pourquoi, à chaque fois, que l’on veut faire un tour en moto, la météo s’acharne ? Plus nous grimpons en altitude, plus la visibilité se réduit. On se dit pourtant que les paysages doivent être fantastiques.

Notre guide, Tri, s’arrête devant une cascade (que l’on prend en photo, car c’est bien la seule chose que l’on voit !) et nous apprend que, dans la vallée vers laquelle nous nous dirigeons, il fait beau et plus chaud.


Quelques kilomètres plus tard, le ciel se dégage, comme promis, et alors commence le véritable voyage… Des Thaï, une des nombreuses ethnies montagnardes que compte le Vietnam, nous accueille humblement dans leur logis. Le thé est versé tandis que l’on s’imprègne de la simplicité des lieux. Moments de partage uniques, seul le sourire nourrit le dialogue. Notre guide nous sert d’interprète.


Nous reprenons la route. Circulons sur des petits chemins en terre, encerclés de montagnes et de rizières. La vie est autour. Dans les champs où l’on récolte le riz. Dans les maisons de terre battue, de bois, de guingois.

L’école est fini. Des enfants marchent en groupe en bord de route. D’autres sont à bicyclette. Certains se promènent avec des arcs en bois à la main. D’autres aident leur famille dans les champs. Beaucoup nous lancent un « Hello » enjoué. La vie est ici et on souhaiterait ces clichés éternels.

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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 06:43
 

Choisir un tour est une véritable aventure. Il est nécessaire de tout spécifier clairement, le trajet, les activités et visites comprises, les extras à payer. Dans notre cas, après négociation, le package comprenait le transport en bateau, un guide anglophone, le déjeuner, la visite de deux grottes et d’un village flottant, et un arrêt détente à Monkey Island.

 

Le départ se fît sous la grisaille et la pluie. On ne voyait pas grand-chose, mais on pouvait tout de même apercevoir les majestueux pains de sucre, qui ont fait la réputation de la Baie d’Halong, s’élever hors de l’eau.

Après une heure et demie de bateau dans le silence le plus complet, hormis les quelques mots échangés par les sept passagers, le conducteur du bateau nous arrêta et l’adolescent qui l’accompagnait nous expliqua qu’on allait visiter une grotte. Il fallait qu’on rentre par l’orifice qui nous faisaient face et que l’on ressorte sur la gauche. Personne ne nous accompagna à l’intérieur et aucun guide ne nous expliqua quoi que ce soit.

Nous reprîmes sagement place dans le bateau et, cette fois-ci, nous savions que nous allions visiter une autre grotte. La visite de cette deuxième cavité rocheuse se fît dans les mêmes conditions que la première : ‘vous entrez par là et vous sortez de l’autre côté, on vous attend en bas’.

Un groupe de retraités français était accompagné d’un guide vietnamien francophone, ce qui nous permit de comprendre vaguement que cette grotte avait, non seulement une histoire géologique, mais également une Histoire avec un grand H : elle avait été découverte par des soldats français au début du 20ème siècle, et certains avaient laissé leur signature sur les parois.

Après le déjeuner, nous reprîmes la mer. Le ciel était enfin dégagé. D’énormes méduses se mêlaient aux déchets et sacs plastiques qui s’amoncelaient à certains endroits. On comprit plus ou moins qu’on allait faire du kayak mais aucun passager n’était sûr de rien. Cette activité ne nous intéressait pas forcément.

Le bateau stoppa devant une habitation flottante. « Kayak », nous annonça l’adolescent. On hésita un moment avant de décider de se jeter à l’eau. A quoi bon rester sur l’embarquation à ne rien faire au lieu de pagayer ?

Au bout d’une demi-heure, nous étions de retour au bateau. L’ado nous annonça de but en blanc : « Maintenant, il faut payer ! ». La réaction de Nelly fusa : « Comment ça, on doit payer ? ». Aucune réponse… Il s’éloigna avec son portable. Au bout de quelques minutes, il s’approcha de nous et me fit comprendre de répondre au portable. Je n’avais pas encore mis le combiné à l’oreille que j’entendais notre charmante hôtesse du Thang Loi Hotel : « Excuse me, you have to pay ! ». Elle poursuivit en rappelant que cette activité n’était pas comprise dans notre tour. Je lui rétorquais que le problème n’était pas le fait de payer, mais celui de ne pas avoir été prévenu par avance que c’était payant. Je poursuivais : « Il n’y a aucun problème, on va payer si ça n’était pas compris. Par contre, on n’a jamais vu le guide anglophone qui était compris dans notre excursion, c’est normal ? ». J’entendis quelques interjections que je ne saisis pas, du vietnamien certainement, ce à quoi j’enchaînais : « Sorry ? Allo ? Vous m’entendez ? ». Elle finit par me raccrocher au nez sans explication.

Le lendemain matin, on loupait notre bateau car le terminal de carte bancaire de l’hôtel ne fonctionnait pas. Tant pis, on prit le suivant et on quitta une bonne fois pour toutes l’Ile de Cat Ba et l’hôtel Thang Loi.

Par Laetitia et Nelly - Publié dans : Carnet de Route
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Samedi 27 septembre 2008 6 27 /09 /Sep /2008 06:40
 

L’île de Cat Ba nous semblait être le point de départ idéal pour partir explorer la Baie d’Halong. Qui plus est, lorsqu’on est arrivées, nous nous y sentions tellement bien que nous parlions déjà de rester plus que prévu. C’est effectivement ce qu’il s’est passé mais plutôt contre notre gré…

 

Le coucher de soleil sur la baie, le soir de notre arrivée, était somptueux. Le soleil en flammes, rouge vif, les montagnes au loin et les bicoques flottantes en contre-jour.


Et puis, à l’hôtel que nous avions choisi, l’hôtel Thang Loi, nous avions deux grandes baies vitrées avec vue sur le port. Je m’étais d’ailleurs exclamée auprès de Nelly : « On a vraiment la meilleure chambre ! ».

Le lendemain matin, au réveil, le ciel s’était quelque peu assombri. On avait quand même loué une moto (voir article précédent) à la journée pour se rendre au Parc National. Mais après la marche jusqu’au sommet, il ne s’était pas arrêté une seule seconde de pleuvoir. Et d’ailleurs, pas qu’un peu : une véritable mousson accompagnée de rafales de vent.

Du coup, en début d’après-midi, on était retournées à l’hôtel alors qu’on avait le plein et que la moto était louée jusqu’à 19h. Bien entendu, nous interrogions l’employée de la réception sur la possibilité de reprendre la moto le lendemain étant donné les circonstances. Le regard dubitatif et suspicieux, elle nous autorisa quand même à la reprendre le lendemain matin jusqu’à midi.

Il a plu cet après-midi là sans interruption. Comme il fallait tout de même se nourrir, nous improvisions une sortie sous la pluie. Au deuxième étage de l’hôtel, nous rencontrions une autre employée qui nous demanda si on voulait partir en tour pour la Baie d’Halong le lendemain. Nous lui répondîmes par la négative car nous allions explorer l’île en moto, mais le jour suivant certainement. Elle nous sourit.

A table, au restaurant, nous apprenions pourtant que les conditions météorologiques étaient bien loin de s’améliorer : un typhon sévissait en Mer de Chine et ça allait durer au moins deux jours. Et l’hôtel qui voulait nous envoyer en excursion ! Jusqu’où pouvaient-ils bien aller pour vendre leurs tours ? On s’interrogeait…

De retour à la chambre, on se rendit compte qu’outre nous offrir une magnifique vue sur le port, la grande baie vitrée laissait aussi quelque peu pénétrer l’eau de pluie. Nelly improvisa des réceptacles et nous allions nous coucher.

A 7h, le lendemain, après une nuit plutôt agitée à cause de la violence de la tempête et de la pluie qui tambourinait sur les fenêtres, nous nous réveillions les pieds pataugeant dans deux bons centimètres d’eau. Nos affaires étaient trempées et le téléphone portable noyé !

A la réception, on semblait peu se préoccupper de ce léger désagrément : « On va venir nettoyer après ». « Non, il y a de l’eau dans la chambre, on ne peut pas rester là ! ». Quelqu’un se leva et nous tendit la clé d’une autre chambre.

Deux jours plus tard, on pût enfin partir en tour à la Baie d’Halong…

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Mercredi 24 septembre 2008 3 24 /09 /Sep /2008 08:15

Il faut prendre un train pendant 2h30, les fesses posées sur un siège dur. Puis un bateau rouillé à l’intérieur duquel la chaleur est étouffante pendant 2 nouvelles heures et demie. Au final, on aura passé 5 heures dans les transports pour écumer 100 kilomètres de voie ferrée jusqu’au port d’Haiphong et 45 kilomètres de traversée ! Mais tout cela valait incontestablement le détour.

 

Quelle délivrance de quitter Hanoï et ses rues embouteillées, ses bruits de klaxon continus, ses habitants froids, voire agressifs… Quitter Hanoï pour découvrir le visage d’un Viêt Nam rêvé, d’un Viêt Nam de carte postale et d’ombres… chinoises !

Sur l’Ile de Cat Ba où nous avons posé pieds, la Baie d’Halong, déjà, nous fait signe. Des monts  déchiquetés jaillissent de l’eau, un paysage d’estampes et de jeu de dominos géant encerclent l’île. Un véritable village flottant habite la baie, peuplé de bâteaux de pêche et de bicoques en bois s’ornant de centaines de loupiottes dès la nuit tombée.

Le calme est ce qui nous a frappé en premier en arrivant : pas de voitures, quelques motos (qui klaxonnent bien entendu, comme à Hanoï ; il s’agit certainement d’un sport national, ou peut-être une religion…). Puis, ce sont les sourires des habitants, leur bonne humeur et l’apparente sérénité qui en émanent. Mais toujours ce jeu de dupes agaçant, cette tricherie dont on ne saurait déceler le vrai du faux. Ces sourires sont-ils sincères ou commandés pour mieux faire digérer l’arnaque ?

En guise d’exemple, aujourd’hui, nous nous sommes arrêtées à un marché local pour manger. A la vue de deux touristes, la serveuse a accouru, tout sourire. Elle nous a apporté le menu spécial touristes : en anglais, et avec des prix gonflés à bloc (sous le stylo noir, on voyait encore les anciens prix). Plus chers que dans n’importe quel restaurant du coin ! Quand on lui a dit qu’on ne voulait plus manger car c’était trop cher, elle nous a rétorqué que « No, Viêt Nam is cheap ! ». Oui, mais pas pour les touristes apparemment !

Mis à part ces petites déconvenues agaçantes, la nature alentour est magnifique. On a loué une moto ce matin pour nous rendre au Parc National, à quelques kilomètres de là. A peine a-t-on commencé l’escalade jusqu’au pic Ngu Lâm qu’il s’est mis à pleuvoir. Le sentier s’est alors transformé en terrain glissant boueux et, malgré la température qui nous semble plutôt clémente, nos corps se sont mis à suinter de tous leurs pores. La sueur s’est mise à perler sur nos fronts. Tout autour, une forêt primaire, des lianes, ne manquent que les singes à tête blanche, une espèce de l’Ile de Cat Ba.


Enfin arrivées au pic, au sommet de la tour en fer, la vue est vertigineuse : à perte de vue, des montagnes verdoyantes nous encerclent, nappées dans la brume.


Par Laetitia et Nelly - Publié dans : Carnet de Route
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Samedi 20 septembre 2008 6 20 /09 /Sep /2008 08:08

Vendredi 19 septembre, nous quittions la Thaïlande pour le Vietnam. 1h30 de vol plus tard et, de la folie de Bangkok, nous voilà projetées dans la cacophonie d’Hanoi.

 

Obtenir son visa d’entrée au Vietnam nécessite un peu de préparation. Nous étions donc passées par une agence contactée par mail qui nous avait envoyé un droit d’entrée d’un mois à présenter en douane, accompagné d’une photo et de 25US$ par personne. Car, pour le peu qu’on ait vu, les Vietnamiens raffollent du dollar américain.

L’avion entier se rua donc vers le guichet des visas. On nous remit un formulaire à compléter, puis à présenter à un autre guichet muni de la photo et des sacro-saints dollars. Contrairement à notre voisin qui n’avait pas de photo, nous avions celles-ci mais il nous manquait l’argent. Impossible, bien entendu, de payer par carte bancaire. Nelly partit donc, accompagnée d’un officier de l’aéroport, à la recherche d’un guichet.

Elle revint une dizaine de minutes plus tard, munie de dôngs, la monnaie nationale, car aucun dollar n’était disponible. Il fallut donc convertir tout ça alors qu’on n’était guère habituées à cette monnaie et que l’on se familiarisait tout juste avec les bahts thaïlandais.

Près d’un million de dôngs fut versé et l’on se rendit compte, a posteriori, que le sacripan d’officier s’était servi au passage de 25000 dôngs, un peu plus d’un euro. Ca ne paraît rien comme ça, mais il faut savoir que le revenu mensuel d’un Vietnamien est d’environ 40€ par mois…

Cette épreuve passée, on pouvait se rendre, enfin, au guichet des passeports. En tout cas, c’est ce que l’on croyait jusqu’à ce que l’agent nous dise qu’il nous manquait un papier et qu’il nous fallait retourner en arrière. Mêmes informations à compléter une énième fois mais, après ça, on avait enfin tout.

Retour au passeport. Nelly avança au guichet tandis que je patientais derrière. Là, j’entendis un aboiement féminin, « Oh, oh, oh !!! ». Je tournais donc la tête sur ma gauche pour comprendre que c’était à moi que l’on s’adressait ainsi. Une officier me faisait « gentiment » signe de me diriger vers un autre guichet. Je regardais Nelly les yeux écarquillés et l’on ne pût que ricaner doucement.

Une fois passée l’épreuve des visas, on se dirigea finalement vers le hall. L’auberge où l’on avait réservé une chambre nous avait envoyé un taxi car, d’après l’interlocutrice, ceux de l’aéroport « n’étaient pas fiables ». C’était donc la première fois que nous apercevions notre nom sur un écriteau à notre sortie d’avion.

Je montrais à Nelly la pancarte et l’on se dirigea, tout sourire, vers notre chauffeur. « Hello ! », lui lança-t-on car on avait malheureusement déjà oublié comment saluer en vietnamien. « One hour waiting ! » (« Une heure que j’attends! »), fût l’unique réponse émise.

Notre chauffeur nous fît comprendre qu’à présent il était en retard et qu’il fallait aller « quick, quick ! ». Le zen bouddhiste dans toute sa splendeur nous attendait. On monta dans le taxi et on se vit répéter « Quick, quick ! ».

On démarra, comme prévu, sur les chapeaux de roue. A fond les ballons, on fonçait vers les voitures devant nous et, au lieu de ralentir, notre chauffeur avait le pouce scotché sur le klaxon. Parfois, lorsque les deux voies étaient occupées, il semblait vouloir en créer une nouvelle, en se décalant vers le bord bétonné de la chaussée gauche. D’autres fois, il passait limite entre deux motos collées l’une à l’autre à droite et un 4X4 à gauche. Et toujours, l’incontournable doigt sur le klaxon.


Parfois, il répondait au portable en vociférant et se tournait vers nous en nous lançant « Late, late ! » (« En retard, en retard ! »). L’avait qu’à pas nous attendre d’abord et d’ailleurs, c’était pas nous qui avions instauré les règles d’entrée interminables dans la République Socialiste du Viêt Nam.

A notre immense désarroi, on se rendit vite compte qu’il n’était pas le seul à abuser des coups de klaxon. En fait, ça claironnait de partout ! 

Par la fenêtre teintée, des bœufs se déplaçaient placidement aux abords de la route, des paysans cultivaient leurs champs de riz, des lycéens se promenaient à bicyclette. Deux mondes si antagonistes se confrontaient. Je préférais perdre mon regard au dehors que fixer, blême, les zig zag, queues de poisson, coups de frein de notre apprenti Samy Nacéri.

Après environ trois quarts d’heure à ce régime frénétique, il nous déposa, toujours aussi maître de lui-même, près de l’auberge en nous réclamant un prix exorbitant. Face à notre refus, il appela la gérante de l’hôtel qui nous confirma que le tarif était « normal ». On s’y plia, bien malgré nous. Que pouvait-on bien faire d’autre d’ailleurs ?

Après le ‘Pays du Sourire’ et de l’hospitalité qu’est la Thaïlande, on comprit alors qu’il nous faudrait faire bien des efforts pour conserver un semblant de calme et de paix intérieure… Bien loin de nous, Bouddha, Confucius ou Lao Tseu…

Par Laetitia et Nelly - Publié dans : Carnet de Route
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /Sep /2008 15:13

Une petite escapade en moto de trois jours était au programme mais, pour cause de diarrhée aigue de ma part, elle sera réduite à deux. Au lieu de passer par le nord, et les villes de Pai et Soppong pour rejoindre Mae Hong Song, on décida de prendre la boucle du sud.

 

On attend Nicolas chez Mr Beer, notre loueur de motos. « Vous êtes capables de conduire ? », s’enquiert-il. Nelly répond à ma place : « Oui, oui ».

On a pris des automatiques, Nelly et moi, tandis que Nico, qui a l’habitude, a loué une manuelle.

Comme je n’ai jamais fait de scooter de ma vie (si c’est pas malheureux !), Nelly me propose d’essayer. J’avoue que je ne suis guère confiante. Je monte sur l’engin, elle m’explique le démarrage et, j’ignore pourquoi, ma main reste bloquée sur l’accélérateur. Je pars donc en trajectoire transversale, me retrouve de l’autre côté de la rue et freine avant même de percuter une voiture parquée.

Mr Beer n’est pas rassuré et moi encore moins. Nelly m’emmène dans une ruelle plus tranquille pour que je m’habitue, mais le mal est déjà fait : j’ai peur !

Je m’applique quand même mais finis par dire à Nelly : « Je crois qu’on va prendre que deux motos, je monterai derrière l’un de vous ». On s’accorde sur ce point et Nico arrive : il vient de croiser Mr Beer qui lui a lancé : « One can’t, can’t !!! ».

Après avoir changé le pneu lisse de Nico, avoir demandé un nouveau casque, être partis faire le plein puis revenus car les freins de Nelly ne remplissaient pas leur fonction première et un de ses rétros ne tenait pas la route, nous voici enfin prêts pour l’aventure !

La route du premier jour s’avère plutôt décevante, en partie à cause de la pluie qui s’en est donnée à cœur joie. Heureusement qu’on était équipés de nos ponchos orange fluo !

Il faut tout de même préciser que nous nous sommes rendus au point le plus haut de la Thaïlande : Doi Inthanon, culminant à 2565 mètres. La vue y était… comment dire… brumeuse. On n’y verra qu’un épais brouillard et une station météorologique guère esthétique.

Après la descente du col et des lacets sous les gouttes, on décide de s’arrêter pour la nuit à Mae Chem. Un panneau nous y invite cordialement : « Chambres à 300 bahts ». La gentille demoiselle qui nous accueille nous conduit à un bungalow mignon à 400 bahts pour trois. Mais on a repéré une belle maison en teck sur pilotis avec terrasse et on lui demande à visiter celle-ci. Elle est carrément mieux, avouons-le, mais plus chère : 550 bahts. On insiste, elle appelle son frère, on insiste, il appelle le manager, et voilà, on a la maison à 450 (9 euros) !



Le lendemain matin, lever pas très matinal vers 10 heures et poursuite de notre périple.



Une vallée fertile s’offre à nos yeux. Des champs et des rizières s’étendent à perte de vue. Les hommes y sont minuscules, cachés sous leur foulard et chapeau, parfois sous une énorme cagette. Tous nous regardent, nous sourient, nous font signe. La campagne thaïlandaise est verdoyante, accueillante et chaleureuse.

Je conduirai quand même cet après-midi là, la peur en moins, sans même remarquer que la chambre à air était à plat.


Laetitia au guidon (pour ceux qui n'auraient pas reconnu)


Après passage au garage pour réparer tout ça, on rebrousse chemin vers Chiang Mai car les seuls hébergements qu’on a trouvé sont hors de prix malheureusement. La parenthèse nature aura été bienfaisante mais trop courte.

Par Laetitia et Nelly - Publié dans : Carnet de Route
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Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /Sep /2008 15:10

Chiang Mai est situé au nord de la Thaïlande. Pourtant deuxième ville du pays, elle reste bien moins peuplée que Bangkok et peut aisément se parcourir à pieds. Du fait de son caractère provincial, il n’est pas étonnant d’y rencontrer plusieurs fois la même personne en une seule et même journée.

                  

A peine descendues du bus, les chauffeurs de tuk tuk et songthaews (des espèces de voiture-taxi qui peuvent accueillir jusqu’à huit ou dix personnes) nous sautent littéralement dessus pour nous conduire aux guest-house du centre-ville.

Après petite négociation, notre tuk tuk nous dépose au portail de l’auberge. Malheureusement, on apprend que le lendemain il n’y a plus de chambre de libre, nous décidons alors de partir explorer les rues de la ville, à la recherche d’un lit.

Au croisement de deux ruelles, nous consultons pour la énième fois la carte peu détaillée du Guide du Routard. Nous relevons par deux fois la tête au bruit d’un moteur approchant : Nico, notre pote de Dublin, nous apparaît au volant d’une petite moto. A moitié surprises car nous savions qu’il était ici mais n’avions pas encore consulté nos mails pour récupérer son numéro de téléphone, nous décidons de nous narrer nos péripéties autour d’un verre. Ca fait un an, pratiquement jour pour jour, que Nico a quitté l’Irlande. On lui raconte notre tour d’Australie en van tandis qu’il nous explique comment traverser la Russie en auto-stop.



Le lendemain pour nous, c’est derrière les fourneaux que se passent l’action : on a décidé de faire un cours de cuisine thaï. Au marché, entourés d’odeurs, de couleurs, de variétés, nos hôtesses nous expliquent les différents ingrédients et produits utilisés par les Thaïlandais.

 



Nelly me fait remarquer qu’elle n’a pas l’impression d’aller au marché mais en boîte de nuit. En effet, à la vue des talons aiguille de nos accompagnatrices, on peut se poser la question…

Après le marché, direction une banlieue résidentielle avec garde et laisser-passer pour arriver à la maison dans la quelle nous allons passer la journée.

Le plus dur est devant nous : six plats à concocter en cinq heures ! Mais en plus, il faut les manger. J’ai mal choisi mon jour avec mon début de problèmes gastriques !

Pad thai, beignets, green curry, émincé de boeuf à la menthe... tout y passe et tout s’avère délicieux.




Mais surtout, ne nous demandez pas de reproduire le tout, ça a été tellement expéditif qu’on en est malheureusement incapables ! En s’aidant de recettes, peut-être…



Par Laetitia et Nelly - Publié dans : Carnet de Route
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Samedi 6 septembre 2008 6 06 /09 /Sep /2008 13:26

La Thaïlande, pays majoritairement bouddhiste, regorge de temples (ou ‘wat’ en thaï), de Bouddhas, de pagodes et d’offrandes. S’immerger dans ses croyances et ses cultes devient alors inévitable. Et puis, parfois, sur le sentier de la découverte, quelques inattendus…  

 

Après quatre jours à la cadence syncopée de Bangkok, l’appel provincial se fit plus fort que tout et le train nous conduisit, dans un premier temps, jusqu’à Ayutthaya.


Munies d’un vélo, on partit à la découverte des temples de la ville. Les premiers coups de pédale furent quelque peu laborieux, la circulation cahotique y étant pour quelque chose. Les voitures, tuk-tuk et autres mobylettes nous doublaient à droite comme à gauche. Quelques frissons plus tard, au beau milieu des sanctuaires, l’apaisement était au rendez-vous.




Avant de prendre la route, le lendemain matin, pour Lopburi, à quelques 70 kilomètres plus au nord, une dernière visite s’imposait, celle du Wat Yai Chai Mongkorn, un des ensembles les mieux préservés. Sur place, des groupes scolaires avaient déjà envahi le site.

En face du Bouddha couché (un autre…), une professeure vint aborder Nelly en lui demandant si elle pouvait prendre une photo avec ses élèves. La brave Nelly acquiesça en tendant la main pour se saisir de l’appareil photo. Ce à quoi la dame répondit : « No, no, a photo with you ! ». Pendant 5 minutes eut lieu la procession d’adolescentes : chacune d’elles voulait SA photo avec Nelly. Une star était née !

Le lendemain, nous voici donc à Lopburi qui, outre ses temples, abrite une population démesurée de singes. Ils courent les rues et les fils électriques et sont d’ailleurs tellement intégrés à la population qu’un banquet leur est même dédié chaque dernier dimanche de novembre.

A l’approche du temple Phra Prang Sam Yod, leur présence commença doucement à se faire sentir. On s’étonna, les yeux écarquillés et le sourire aux lèvres. A l’entrée du Wat, habitués à être nourris par les humains, les braves bêtes se firent plus insistantes.

Nous pénétrâmes dans le temple, Nelly, une bouteille de plastique vide à la main lorsque, tout à coup, un singe l’agrippa et voulut la lui chaparder. Elle résista tant bien que mal mais, poussée par mes imprécations, finit par la lui céder. Pendant ce temps, un autre singe me sauta sur le sac à dos. J’essayais de m’en débarrasser mais n’y parvins pas. Je finis par enlever le sac de l’épaule et tentais de le secouer. Je lui aurais presque lâché le baluchon plein de nos affaires si ce n’était les cris de Nelly derrière qui me scandaient « Pas le sac, pas le sac ! ». Et puis, surtout, si le garde n’était pas arrivé pour les repousser. Mais il était déjà trop tard pour Nelly : à défaut de se saisir de la pochette d’appareil photo, un autre singe l’avait dépouillé de sa boucle d’oreille droite !

Le garde nous permit de pénétrer dans le temple et, derrière les barreaux, on se sentit soudain plus à nos aises. De notre cage, il était plus commode de contempler ces p’tites bestioles malicieuses et chapardeuses.

Par Laetitia et Nelly - Publié dans : Carnet de Route
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