Un jour de greve a Paris
Aeroport Paris-Charles de Gaulle, 15h52 – Plus que quelques heures avant que notre avion ne decolle en direction de Dubai, a 21h05.
Pour eviter toute mauvaise surprise, on a quitte l’appartement de TT et Quentin a midi. Chose epatante (pour ceux qui nous connaissent un peu), c’etait l’horaire qui etait prevu au depart !
Nous voici donc a la bouche de metro qui nous indique, tel une Pythie de mauvaise augure, qu’un metro sur dix seulement circule. Mauvaise pioche ! On opte donc pour la solution de secours qui nous a rendu de grands services la veille: le bus.
L’arret est bonde, on pietine sur place avec nos deux sacs a dos chacune qui paraissent bien plus lourds que lorsqu’on etait en mouvement. En face de l’arret, une file indienne de camions de CRS. Au feu a gauche, Force Ouvriere qui gonfle un enorme ballon. Manifestation en vue… Quelle perspicacite etonnante !
Nelly me dit alors : « Ca te derange de faire une demi-heure de marche ? ». La vision des usagers entasses contre les vitres m’effleure alors l’esprit et je m’ecris : « Bien sur que noooon ! ». C’est parti pour une expedition pedestre parmi les ballons rouges, jaunes, bleus, avec, pour inscription, CGT 92, CGT 93, FO, SNES, « Fonction publique, Services publics, garants de l’egalite », « Le service public territorial, c’est un bien public ». Et, mon prefere, je l’avoue : « Federation education recherche Culture ».
Ca sent la merguez, comme Nelly l’avait predit ! Je mitraille les ballons, le ciel maussade, les manifestants… tant et si bien que je ne vois meme pas la catastrophe qui se deroule a deux pas de la…
Non loin du trottoir, sur les paves glissants de la Place d’Italie, les voitures font un petit ecart pour eviter une grosse tortue qui remue en vain pour essayer de se relever. Pourtant armee de ses chaussures de randonnee avec crampons, Nelly a fait un faux-pas et s’est retrouvee les quatre fers en l’air sur la route ! Je tente de l’aider comme je peux, mais elle se debrouille finalement toute seule.
De manifestation de la fonction publique en manifestation lyceenne, nous arrivons enfin au metro Olympiade, la seule ligne automatique du Tout Paris. Direction l’arret de Roissy bus.
Sans surprise, celui-ci est noir de monde. Apres une attente d’une vingtaine de minutes, nous nous engouffrons dans le bus accordeon qui nous depose a l’aeroport bien en avance sur notre horaire de depart.
Apres ces quelques anecdotes, restent a ecrire quelques mots sur l’etat d’esprit quelques heures avant le depart… Les sentiments s’entremelent, a vrai dire : quelques apprehensions quant a l’inconnu qui se profile et aussi une petite excitation croissante quant a ce meme inconnu. Seul le temps aura raison de ces sentiments…