2008, année de la guitare dans l’astrologie australienne?
Contrairement à Sydney, Melbourne recèle un charme inhérent à sa qualité de ville cosmopolite et culturelle.
Outre son quartier commerçant, ses rues aux boutiques chics, ses quais pimpants et un tant soit peu tape-à-l’œil (en définitive, l’attribut commun à toute ville de cet acabit), elle cache quelques attraits fort sympathiques et bienvenus. Ce petit côté fascinant et séduisant est à chercher du côté des ruelles colorées de graffiti et que se partagent les petites terrasses de café ou encore du Queen Victoria Market.
Et surtout du côté de Fitzroy, au niveau de Brunswick Street et Smith Street. Boutiques alternatives, librairies, bars, restos, une concentration de tout ce qu’on aime dans ce quartier alternatif et artistique.
Pour en venir à nous, on est arrivées à Melbourne le 31 décembre, sous une chaleur caniculaire, dans l’espoir de trouver des bons plans pour Nouvel An. Bon, on a un peu galéré pour savoir où on allait garer le van. En plus, fallait que ce soit un parking gratuit car on est des filles pas compliquées.
Finalement, on a trouvé notre « bonheur » quelque part vers la plage, à Saint Kilda. Une petite routine s’est d’ailleurs vite mise en place. Chaque matin, on quitte notre place ombragée pour aller petit-déjeuner dans le même parc, puis destination la salle de bain, près de la plage pour se prendre une douche (on peut vous dire que ça, c’est la grande classe !) et enfin on va se garer près de l’arrêt de tram (place gratuite toujours !) pour se rendre en ville. Quelle organisation ! Faut bien avouer que tous ces déplacements nous prennent deux bonnes heures… Voire un poil plus s’il fait bien chaud et qu’on se baigne avant la douche. Mais, comme on dit, quand on aime…
Nous en étions donc au Nouvel An. Le seul plan gratuit (encore et toujours) était d’aller voir le feu d’artifice le long des quais de la Yarra River.
Au premier chapitre de l’histoire, nous en étions à siroter tranquillement notre bière lorsqu’un jeune homme nous a approché pour nous dire qu’on n’allait pas aller bien loin avec le peu de bières qui étaient les nôtres. Pour qui se prenait-il donc ce malotru ? Bien chanceux est-il eu d’ailleurs que, malgré son incivilité, nous ayons quand même accepté son invitation à venir boire quelques Corona avec ses potes !
Luke et toute la famille Skywalker nous ont ensuite conviées à l’appartement de l’un des leurs, non loin des quais, pour une soirée plutôt… mmmh… surprenante pour un Nouvel An et certainement un peu décalée. Vous allez vite comprendre pourquoi…
Lorsqu’on a pénétré dans l’appartement, l’atmosphère y était étouffante et les canapés en cuir, du coup, pas très accueillants…
Sur le sol gisait, non pas des canettes, mais un jeune homme en pleine sieste avec un bel œil au beurre noir dont s’échappaient quelques gouttes de sang. Quelque peu inquiétées de son état physique, nous l’avons interrogé et avons su le fin mot de l’histoire. Pressé par une petite envie irrépressible, Monsieur avait trouvé bien pratique d’uriner par la fenêtre cet après-midi là. Ce qui n’a guère été du goût de son ami locataire de l’appartement qui lui a asséné un coup de poing (ndlr : à part ça, pas de souci à avoir, ils étaient fort sympathiques).
Tous affalés sur le canapé quelque peu adhérent, le deuxième chapitre de l’histoire a débuté par une partie de zapping frénétique. Du clip de rap américain à la bimbo qui se trémousse, le tour d’horizon des vidéo nous a confirmé que la musique de qualité est universelle et qu’elle s’exporte plutôt bien.
Pour poursuivre sur cette lancée musicale, apercevant une guitare, Nelly a demandé qui en jouait. Personne vraiment (à celle-ci, la vraie, l’acoustique) ou tous plutôt (à l’autre qui ne va pas tarder à suivre). « Vous jouez à la Playstation ? », s’est-on exclamé chez les garçons. « Non, pas du tout… ». « Attendez, on va vous montrer notre jeu de guitare ! ».
En ignares que nous sommes, nous n’avons pas saisi de suite la corrélation entre la guitare et la Playstation. Jusqu’à ce que nous voyions les p’tits gars brandir deux guitares noires en plastique et insérer un disque dans la console. On pouvait lire dans nos yeux déconcertés l’horreur et la résignation. Bon, j’exagère un peu, mais Nelly s’est penchée vers moi en me susurrant : « Dis moi pas qu’y vont jouer à la Playstation ? ».
Pas eu le temps de répondre qu’un morceau d’AC/DC avait déjà déclenché du mouvement du côté des guitares : ils étaient en train de faire une espèce de concours dont le but était de reproduire les gammes de couleur affichées à l’écran sur les touches (employer le terme « corde » serait usurpé) de la « guitare ».
Heureusement, au bout de deux morceaux, leur ferveur musicale s’est assagie et nous avons enfin pu nous rendre sur les quais admirer le feu d’artifice et débuter 2008 comme il se doit.
Par la même occasion, on en profite pour vous souhaiter une merveilleuse année . Et mélodieuse comme il se doit!