Un jour, un marché…
Le samedi avant notre départ, nous nous sommes rendues au marché hebdomadaire de Saint Andrews. Outre les étalages ordinaires de fruits et de légumes, de vêtements (plutôt tendance baba-cool), une coiffeuse avait installé son petit salon. Des senteurs de bougies et d’encens embaumaient l’air doux et paisible de l’endroit. Une jeune fille, entourée de deux femmes aux mains apposées sur sa tête, comptait bien soigner ses maux grâce à leur prière gratuite. Une autre proposait des massages reïki tandis que nous consultions les livres et CD d’occasion présentés sur plusieurs stands.
Des enfants joyeux gambadaient, des jeunes avaient installé des couvertures sur lesquelles ils se prélassaient à l’ombre des eucalyptus. Les familles, elles, préféraient le panier pique-nique dans la forêt attenante. Une contrebasse et un violon mêlaient harmonieusement leurs sonorités.
Oui, l’air était doux et paisible, et les gens semblaient gais et joyeux. Leurs sourires étaient de ceux qui font les plaisirs simples, les petites joies quotidiennes. Loin de tout consumérisme gangrené, ils portaient en étendard leur simplicité et leur authenticité revendiquées par des vêtements fouinés aux puces, dépareillés parfois, ensoleillés toujours.
Le marché se concentrait sur deux chemins de terre battue, sous l’ombre généreuse prodiguée par quelques arbres bienfaisants. Ils montaient pour se rejoindre finalement aux abords de la forêt. Là, une tente ouverte, véritable oasis et havre de paix, comblait le promeneur de ces boissons rafraîchissantes à base de thé. Les coussins au sol accueillaient une foule hétéroclites de jeunes et de moins jeunes, venus là dans le même but : savourer la fraîcheur, respirer la sérénité, et partager l’air du temps.
Ce marché a-t-il vraiment existé ou l’a-t-on rêvé ? A-t-on rêvé d’une société aux bonheurs simples, de gens se contentant de peu, d’une douce harmonie et joyeuseté ?
Ces deux chemins de terre, on les avait pourtant aperçu la veille et ils avaient l’air bien sordide et plutôt inhospitaliers. Serait-ce alors les gens qui posséderaient le pouvoir de transformer un endroit commun et morne en une terre singulière et généreuse ?