Nous sommes VAN-ées!

Publié le par Laetitia et Nelly

Les jours se suivent et se ressemblent étrangement. L’introduction fait ici office de mise en garde : il sera de nouveau question de van ! Nous allons même, sans exagérer, jusqu’à en rêver. Des vans partout, de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Une espèce de delirium tremens de vans !

Entre nous soit dit, rien de plus normal puisque nos journées ne sont consacrées qu’à cela. Si bien que, lorsque nous arrivons au sous-sol sombre du parking souterrain (il faudra vraiment qu’on prenne des photos), tout le monde nous salue, on discute avec chacun, on partage nos petites misères d’acheteur et de vendeur. Si bien, également, que les gardiens du parking nous interpellent pour nous demander si on a vu tel ou tel van, ce qu’on en a pensé, ce qu’on veut également. Ils terminent toujours en nous disant : « Ok girls, good luck ! We’ll see you soon ! ».

Sommes-nous vraiment si difficiles ? Nous nous sommes posées toutes sortes de questions, nous avons échafaudé tous les plans et toutes les configurations possibles et inimaginables. Plus que quelques jours et le sort en sera jeté. Définitivement.Sydney-Decembre-2007-007.jpg

A la quete  de nouvelles annonces

Sans cela en tout cas, nous n’aurions jamais eu droit, hier, à la visite la plus burlesque de toute l’histoire de l’automobile. Si ça ne l’était pas, on en approchait en tout cas.

L’homme au tee-shirt vert, Ken, nous avait donné rendez-vous à Central Station vers 17 heures. Nous le suivons jusqu’au parking de l’auberge où il réside. Sur le chemin, la conversation habituelle se met en place : « Vous venez d’où ? ». « De France et toi ? ».

Je vous passe ici le sempiternel : « D’où en France ? ». Agrémenté parfois du tout aussi commun « Paris ? ». Et parfois « Marseille ? ». Ou encore toute autre ville dans laquelle notre interlocuteur se serait rendu à un moment ou à un autre de sa vie de touriste. Avouons-le, ce même interlocuteur, à tous les coups, affiche une mine plus que dubitative à la réponse « Metz et Clermont-Ferrand ».

Notre Ken, donc, nous apprend qu’il est Irlandais. Bizarrement, ça nous fait tellement plaisir qu’on s’écrit en cœur qu’on a vécu là-haut.

Tout cela pour arriver finalement au van fantastiquement génial qui est le sien (c’est ce que l’annonce laissait entendre. Ce qu’on en a compris en tout cas. Le tout pour la modique somme de 3500$ !).

 

Le van est beige. Ca change un peu de l’invariable blanc mâtiné de rouille de la plupart de ses concurrents. De loin, il n’a pas l’air si mal que ça et l’excitation de la découverte commence à nous gagner.

A travers les vitres, nous pouvons entrapercevoir les rideaux colorés, les nombreux coussins… Tout a l’air de bien se présenter. Ken ouvre la porte coulissante du van (on peut alors voir que les rideaux pendent plus qu’ils ne sont accrochés), se baisse pour saisir les cartons sous le lit et nous sort tout un fatras de choses diverses et variées. Il nous présente les fourchettes qui vont avec le van, les petites bombes de gaz toute rouillées qu’on se demande même comment elles ont pas explosées depuis, le miniature nécessaire à couture, le cubis de vin d’une de leurs soirées passées (oui, oui, on vous le jure !)…

Il enchaîne ensuite sur le toit ouvrant automatique du véhicule. Merveilleuse invention pour dormir en contemplant les étoiles. Le hic, c’est que ça bloque (normal, c’est tout rouillé) et qu’il faut pousser quelques coups pour le débloquer.

Même chose, mais à l’inverse, pour la porte arrière : elle coince et il faut claquer plusieurs fois pour qu’elle ferme cette fois.

Finalement, cerise sur le gâteau, la découverte du moteur… Pour ceux qui l’ignorent, le moteur d’un van se trouve sous le siège passager. Il soulève donc le siège (dont la couverture est tout arrachée) et, là, Nelly aux avant-postes s’écrit : « What’s that ? » en saisissant une petite chose plastifiée dans ses mains. Et bien, il s’agissait simplement, quoi de plus normal, d’un tampon menstruel !

On a jeté un œil au moteur (guère convaincant), il a abaissé le siège en laissant le tampon au cas où il y aurait une fuite d’huile peut-être, et a voulu nous montrer comment le branchement d’iPod sur la radio fonctionnait à merveille.

L’espèce de chose en plastique sensé accueillir l’iPod pendouillait à l’arrière des sièges. Ken nous a alors rassuré en nous disant que c’était normal car c’était un van ancien. Il emprunte l’iPod de son pote, le branche et tente en vain de mettre la musique. Rien… Il sort, puis rentre, puis ressort et re-rentre la cassette qui doit connecter le tout. Rien n’y fait de nouveau. Après s’être échiné une bonne dizaine de minutes et malgré nos injonctions lui signalant que ça n’était pas grave, il nous rassure en nous garantissant qu’il va le réparer. Ouf, merci Ken !

Il clôt la visite en nous affirmant que 3500 dollars, vraiment, ça n’est rien vu l’état exceptionnel de son véhicule. En tout cas, une chose est sûre, on aura bien ri.

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Publié dans Carnet de Route

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