It won't be long
On s’est levées hier matin, un grand sourire aux lèvres : il faisait beau, nous n’avions pas à chercher de van, nous allions enfin pouvoir aller nous baigner !
Avant cela, il nous fallait régler quelques petits soucis administratifs. Ceux qui connaissent Nelly savent qu’elle a régulièrement des problèmes de carte bancaire. La règle reste immuable, ici ou ailleurs.
Tout d’abord, j’avais omis de raconter que Nelly avait égaré sa carte à Bangkok. « Egaré » n’est pas vraiment le terme approprié…
Le lendemain de notre arrivée, nous nous rendons au guichet automatique pour retirer quelques bahts. Nous les prenons et nous en allons. En fin d’après-midi, nous décidons de retirer de nouveau pour pouvoir payer un taxi. C’est là qu’on s’aperçoit que Nelly n’a plus sa carte. En utilisant la mienne, on se rend compte que, contrairement à la France, les distributeurs thaïlandais te donnent d’abord ton argent puis te rendent ta carte. Ce matin-là, on est donc parties avec l’argent mais sans la carte. Les boulets !
Pour en revenir à cette fameuse matinée ensoleillée, avant de piquer une tête, il nous faut nous rendre à la banque. En effet, nous avons ouvert notre compte en même temps, dans la même banque, avec le même conseiller. Pourtant, j’ai récupéré ma carte au guichet trois jours plus tard alors que celle de Nelly n’était pas encore arrivée. On nous a dit que ça pouvait prendre dix jours ouvrés et qu’ils devraient la recevoir le mardi ou mercredi suivant.
Le mercredi suivant, toujours rien. Apparemment, elle est encore au centre où ils les créent. Sorry about that...
Hier, vendredi, les dix jours ouvrés expirent. Nous arrivons à la banque (Westpac pour bien la citer). La personne au guichet nous reconnaît, saisit le passeport de Nelly et s’en va dans les dédales interdits au public. Vu l’expression de l’employé, ça s’annonce mal. Bien vu, y a toujours pas de carte. Nelly s’énerve, il appelle le même numéro que d’habitude et là, bizarrement, ils annoncent l’avoir envoyée il y a belle lurette à l’auberge. Pourtant Nelly a contrôlé le courrier tous les jours…
Il nous faut quand même retirer l’argent pour payer la voiture. Direction le guichet « Business Banking ». Une employée à l’expression dédaigneuse annonce alors à Nelly que sa carte n’a jamais été demandée. Et si elle le dit, c’est que c’est inscrit dans son ordinateur. Comment est-ce possible alors qu’on nous fournit mille et une excuses depuis dix jours ?
Retour bien remonté vers Arnan, l’employé du départ. Il est occupé et il a de la chance ! Une de ses collègues s’empare du dossier. Et, il faut le clamer haut et fort, c’est bien la première qui semble faire montre de quelque compétence. Elle nous rassure sur le fait que la carte avait bien été demandée et qu’elle risque d’arriver mardi prochain. Malheureusement, elle ne peut pas nous l’assurer et ne veut pas qu’on recule notre départ pour ça. On peut plutôt annuler celle-ci, en recommander une autre et la faire livrer à Westpac Melbourne par exemple lorsque nous y serons. Cette alternative nous paraît la plus appropriée. Merci Jamile, notre employée de la semaine !
En sortant de la banque, le ciel s’est assombri et compromet notre départ à la plage. De retour à l’auberge, nos estomacs nous indiquent qu’il est temps de cuisiner. On cuit nos saucisses tandis qu’au dehors, il commence à tomber des trombes d’eau impressionnantes accompagnées d’éclairs. Tout à coup, il nous semble entendre l’alarme. Puis quelqu’un qui crie « Tout le monde dehors ! ». Génial, il pleut des cordes ! C’est là qu’on passe devant une des personnes travaillant à l’auberge : « L’alarme a du se déclencher car des gens devaient être en train de cuisiner… ». Merde, y avait que nous !
On s’amasse tous sous le toit d’un immeuble en attendant que les pompiers arrivent. Nelly me dit d’arrêter de culpabiliser, que c’est pas bien grave, qu’ils ont qu’à mettre une hotte dans la cuisine. Rien n’y fait, je remue lamentablement la tête en pensant qu’une trentaine d’individus est trempée jusqu’aux os à cause de nos deux pauvres saucisses.
Une demi-heure plus tard, l’alarme est désactivée et on peut enfin rentrer à l’abri. De toute façon, il a arrêté de pleuvoir entre-temps. La même personne nous dit alors : « C’était pas vous en fait, désolé. Apparemment, c’était à cause des éclairs ». Me voilà bien rassurée et Nelly qui me dit : « Tu vois, tu te prends la tête pour rien »…