Direction le bush
C’est à Manly, une baie située en périphérie de Sydney, que nous avons rejoint Tibo et Isa, nos petits vendeurs français, pour récupérer ce qui n’allait pas tarder à devenir notre van rouge. Après une leçon de vidange et un petit rappel des bases mécaniques, nous avons dignement fêté la transmission d’héritage autour de quelques bières et de spaghetti.
Dès le lendemain, après une nuit de sommeil revigorante et une douche en compagnie des pigeons, notre itinéraire est tracé : ce sera les Blue Mountains, à deux heures à l’ouest de Sydney pour un spectacle qui promettait d’être somptueux.
Plus nous nous rapprochions de notre destination, plus le ciel semblait se faire menaçant. De lourds nuages venaient assombrir nos belles espérances. Tant et si bien qu’arrivées à l’endroit que nous avions élu pour la nuit (un site de pique-nique non référencé comme camping mais pourvu d’eau et de toilettes), le brouillard s’était fait tellement épais que de la vue sensée être panoramique, nous ne voyions qu’un épais amas grisâtre. Rien à l’horizon hormis des gouttes d’eau qui se sont mises à tomber par milliers. Loin d’être abattues et en bonnes françaises que nous sommes, nous n’avons rien trouvé de mieux pour le moral que de nous préparer un bon petit repas. Au menu, crevettes au beurre et à l’ail, quel régal ! Passé 20h30, nous avions fini de manger, de faire la vaisselle et de ranger l’équipement dans le van. La nuit était tombée et, avec le brouillard, on ne voyait plus à un mètre devant soi. Dans ces bois si peu accueillants, seul le bruit de la pluie sur le toit rythmait notre nuit agitée. Nous avions gardé espoir que le lendemain le ciel soit dégagé et nous permette une petite ballade bucolique. C’était sans compter sur cette fichue météo qui ne nous a guère épargnées depuis notre arrivée. De la pluie et du brouillard de nouveau.
A présent, nous avions une arme pour braver les intempéries : notre van rouge ! C’était décidé, nous allions partir à la conquête du soleil.
Au bout de quelques kilomètres parcourus, nous consultions la messagerie de notre portable. En effet, jusque-là, aucun réseau n’était disponible. Ce n’était donc pas ma chère maman comme je le croyais mais Julie, une personne contactée la veille pour du Wwoofing. Elle nous informait que, finalement, elle pouvait nous accueillir chez elle. Conjoncture parfaite, c’était sur notre chemin. Jamberoo Valley et sa rain forest nous ouvrait les bras.
Le compagnon de Julie, Roger, est venu nous accueillir avec une autre wwoofeuse française, Stéphanie, au centre du bourg de 900 âmes. Leur habitation se situe en hauteur et comprend une superficie d’environ 13 hectares, dont une majorité est réservée à la bush regeneration, c’est-à-dire la restauration d’espèces endémiques du bush.
Il y a une dizaine d’années, les premiers arbres se sont mis à pousser, formant aujourd’hui une canopée d’environ 40 mètres de haut ! Un ruisseau coule à travers la végétation luxuriante tandis que les cigales australiennes y distillent leur chant singulier.
Pour ce qui est de nos tâches quotidiennes, nous avons débuté par le débroussaillage du potager ou plutôt l’arrachage de toute espèce vivante, puisque de potager, nous n’y avons laissé que quelques plants de tomates et quelques rhubarbes, le reste étant composé de mauvaises herbes.