Aux abords de Jamberoo...
Les mouches cherchent un endroit frais. Elles tentent alors de pénétrer tous les orifices à leur portée : bouche, narines, yeux. Je comprends mieux les reportages en Afrique montrant ces enfants faméliques plein de mouches sur le visage. Les mouches cherchent un endroit frais et nous-mêmes aimerions un peu d’air pour mettre en place nos plants de tomates.
Nous entamons ainsi notre troisième journée de wwoofing chez Roger et Julie. Roger est retraité des télécoms et Julie prépare un PhD de Philosophie. Malgré quelques a priori de départ, cette première expérience de wwoofing restera gravée dans nos mémoires comme un épisode de partage, d’échange et de générosité. Sur le visage de Roger se lit la bonté même, celle naturelle, pas du tout forcée, un cœur énorme et débordant de paternité. Une paternité qui le poussera même à appeler notre futur employeur pour bien vérifier l’adresse exacte de notre lieu de rencontre sur Google Earth. Car Roger est un fana de Google Earth !
Julie, elle, paraît plus impénétrable de prime abord, plus stricte. C’est elle qui nous laissera une liste de choses à faire interminable le lendemain matin de notre arrivée. Mais certaines personnes font partie de celles qu’on apprend à apprivoiser, à creuser pour finalement découvrir une mine de trésors. Et je pense que Julie fait partie de ce lot.
On ne peut pas parler de cette expérience sans mentionner notre acolyte française, Stéphanie. Petite minette parisienne de 34 ans (mais fille de la campagne), celle que l’on croyait un peu coincée, puis égocentrique, s’avérera complètement déjantée et adorable. Et je pense que nous ne serons pas les seules à nous souvenir longtemps de l’interjection lancée lors d’un dîner organisé par Julie avec ses collègues universitaires « This guy fucked the whole Paris » en parlant de Sarkozy. Le naturel à l’état pur.
Nos chemins se recroiseront quelque part à Melbourne, pour partir ensemble faire un petit trip en Tasmanie début février.