Cactus Beach, South Australia
Le temps d’une nuit, Cactus Beach nous a offert une nature intacte et accueillante….
L’adorable monsieur amateur de cinéma français qui nous avait aidé lorsque nous étions tombées en panne sèche de batterie s’était exclamé : « Vous allez vers Perth ?!!! Surtout, un conseil, arrêtez-vous à Cactus Beach ! ».
On peut vous le dire haut et fort à présent : comme il avait terriblement raison ! Sans lui, on serait certainement passé à côté de ce panneau minuscule, à gauche de la route principale.
La terre était ocre et caillouteuse mais se transforma vite en piste blanche et lisse. Si lisse que les roues du van semblaient glisser agréablement après avoir été malmenés violemment par le sol rocailleux qui l’avait précédé.
A gauche, un lac au quart asséché, les rayons du soleil se reflétant sur sa surface paisible. A droite, un désert de sel blanc aux reflets nacrés. Des dunes de sable blanc immaculé comme sculptées par une main imaginaire. Que de merveilles à la suite !
Plus loin, un autre lac accueillant, celui-ci, sa colonie de cygnes noirs. C’est peu dire que d’affirmer la majestuosité de cette espèce, leur port gracieux exacerbé par cette couleur qu’ils portent fièrement.
Aucun cliché ne pourrait véritablement saisir l’essence, la tranquille beauté de ce que nous avons pu admirer. Aucun cliché ne saurait retranscrire le silence nous enveloppant de ces bras apaisants. Il n’y avait que nous et la puissante nature environnante. Que nous, ridicules mortelles, devant ce spectacle millénaire que l’on souhaite éternel.
La route prenait fin sur un camping. Après avoir garées le van, nous nous dirigions vers la plage. Un surfeur qui sortait à peine de l’eau nous présenta le spectacle qui s’offrait à nos yeux : les vagues, selon l’endroit, portaient des noms différents. Nous étions sur l’une des plus belles plages de surf du pays et nous l’ignorions !
Tout prit alors son sens : ces minuscules fourmis noires au loin étaient en fait des surfeurs ! On n’avait jamais vu de rouleaux pareils, ils étaient simplement grandioses, de véritables tunnels dans lesquels les plus téméraires des surfeurs s’engouffraient pour en ressortir triomphants.
Nous profitions que le soleil soit encore levé pour faire une ballade le long de la côte. Les vagues s’écrasaient violement contre les rochers, les sculptant à l’image d’un Gaudi. L’origine de l’Art réside en la nature…
Plus tard, de retour au site, nous croiserions le propriétaire de ce bout de terre magnifique. Et nous qui croyions qu’il s’agissait d’un parc national ! Un pick-up bleu brinquebalant s’arrêta sur notre emplacement. De la porte conducteur émergea un personnage qui aurait pu nous effrayer dans d’autres circonstances. Un chapeau de cow-boy couvrait ses cheveux longs et blancs, son regard était sévère et droit, voire fixe. Mais dès que de sa bouche s’échappèrent les premières paroles, cette vision s’évanouit. Il était doux et sage, tout chez lui était à l’image du bout de nature qu’il possédait : sculpté par la nature, creusé par le temps. Cet homme était plus riche que n’importe quel Bill Gates ou Onasis, il possédait une portion sauvage de bout du monde. Et il la partageait généreusement.