Le monde abyssal

Publié le par Laetitia et Nelly

Tellement de jours et de semaines se sont écoulés depuis notre dernier scribouillage de nouvelles par ici qu’on ne sait même plus par quel bout démarrer ce récit…

 

Il y a eu cette longue traversée du désert, la Nullarbor Plain qu’on l’appelle par ici… Nullarbor, du latin Nullus arbor, « pas un arbre ». Plus d’un millier de kilomètres entre Adelaide et le sud de l’Australie Occidentale. Une ligne quasi-droite, des carcasses de kangourous sur le bas-côté dépecés par les charognes noires, ces espèces de gros corbeaux, et parfois même par des aigles. Des dingos assoifés et affamés sur l’asphalte des roadhouse, les aires de repos qui ponctuent cette traversée monotone et permettent de faire le plein ou de se dégourdir les jambes. De la terre rouge, des mains qui nous saluent dans chaque voiture que l’on croise, comme pour nous rappeler qu’on est embarqué dans la même aventure, une expédition méditative et introspective… Car il y a matière à penser face à cette immensité qui vous engouffre.

Après, il y a eu des petites villes sympathiques, la détendue Denmark, la colorée Margaret River, patrie de vignobles savoureux, la surprenante Fremantle, au sud de Perth. Ainsi que les fameuses Pinnacles...

 

 

Les Pinnacles en image, au petit jour


Et maintenant, enchantement, la route nous emporte au nord, toujours plus au nord… Et dans ce nord, Ningaloo Marine Park comble toutes nos attentes les plus folles. Le nom de Coral Bay, sa porte d’entrée au sud, est déjà tout un monde de promesses. A peine les pieds dans l’eau, cinq ou six poissons s’entrelacent dans nos jambes. Nul besoin de bouteille, la simple panoplie masque-tuba-palmes est largement suffisante. Cinq mètres après avoir pénétrées dans la mer, déjà les coraux et les poissons multicolores nous submergent dans un univers magique.

A Turquoise Bay, on s’adonne au snorkelling dérivant : au lieu d’agiter nos palmes, on se laisse tranquillement transporter par le flot aquatique. Le courant comme guide, on a la sensation d’être plongées au cœur d’un aquarium géant qui défilerait sous nos yeux de grands enfants ébahis. Des coraux énormes labyrinthiques et fascinants, des poissons de toutes les formes et toutes les couleurs. Des ronds, des longs, des gonflés avec plein de pics, des rayés, des qui s’embrassent (!), des fluorescents, des bleus, des jaunes, des oranges… Et  Nelly qui a eu la chance et le privilège de nager avec une tortue énooorme!

Les trois jours passés au sein de cet écrin aquatique ont été fabuleux. On ne pouvait réfreiner notre envie de plonger à nouveau. Trois fois par jour, donc, nous nous immergions dans un univers sourd mais empli de sons, muet mais si parlant… Un autre monde, dense, merveilleux, animé et d’une richesse abyssale.


Monkey Mia et ses dauphins joueurs


Il nous tarde de replonger à nouveau…

Publicité

Publié dans Carnet de Route

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article