Massage épicé
Avant que ne s’évapore l’impression première, il nous faut récapituler notre arrivée à Bangkok. En pleine nuit, comme prévu. 1 heure du matin…
La chaleur humide nous saisit dès la sortie de l’aéroport. Après le froid (relatif) de Sydney, il faut avouer que la sensation est un peu bizarre. Heureusement, la climatisation du taxi nous rafraîchit quelque peu les idées.
J’avais quelques craintes par rapport aux manifestations à Bangkok, tandis que Nelly les prenait bien plus légèrement : « Moi, j’veux y aller… Qu’est-ce qu’on va faire si on reste à Sydney ? ». C’est vrai que l’alternative ne m’enchantait guère. Alors, pour me rassurer, on est allées sur le site de l’Ambassade Française. « Evitez les lieux de manifestation » était la seule mise en garde stipulée.
Alors, quand notre chauffeur de taxi s’est exclamé en souriant « Mop, mop », qu’on a tourné nos têtes vers la gauche et que l’avenue était barricadée de flics à gogo, moi aussi je l’ai pris plutôt légèrement. Il semblait y avoir très peu de manifestants, pourtant la police était déployée par centaines, voire par milliers. Du jamais vu !

Ces images resteront les dernières que nous auront des manifestations, hormis sur notre trajet vers le Tourist Information quelques jours plus tard…

L’atmosphère de Bangkok reste toujours aussi fébrile et frénétique que lorsqu’on l’avait quitté 9 mois plus tôt. Dix millions d’habitants et 90% du parc automobile (source : Guide du Routard), on vous laisse imaginer ! Une mégalopole tentaculaire qui respire la pollution et l’odeur des marmites. Les gargotes se succèdent. Du riz, du poulet, du bœuf, des nouilles, du porc, des brioches. Les odeurs qui s’échappent des marmites vous titillent les narines et vous vous prenez alors irrésistiblement au jeu des Thaï : vous mangez n’importe où et à n’importe quelle heure.

Notre deuxième journée était très attendue : après le shopping au MBK de la veille, on avait prévu… un massage thaïlandais au Wat Pho, un temple où l’on enseigne cet art et où l’on peut accessoirement admirer un majestueux Bouddha couché de 46 mètres de long et 15 mètres de hauteur.

Dans la salle réservée aux massages, notre choix se porte sur le must proposé : une heure de traitement aux herbes. Après avoir revêtues la tenue appropriée, nous sommes priées de nous allonger sur deux matelas côte à côte.
Je n’ai encore rien vu du visage de ma masseuse mais, dès qu’elle applique ses doigts sur mes molets, je me dis que, selon le cycle des réincarnations boudhistes, elle devait bien être championne olympique de natation russe dans les années 80 ! Elle appuie fort, très fort, sur les points de pression, elle tire, l’un après l’autre, mes doigts de pied en les faisant craquer… Et moi qui redoutais de m’endormir, j’avais oublié que le massage thaïlandais était très physique ! Elle coince son pied sous ma cuisse et me tire la jambe. Même lorsqu’elle me positionne les membres, elle est brute.
J’ose quand même jeter un demi-œil vers Nelly pour voir comment ça se passe de son côté. Son visage paraît serein et apaisé. Furtivement alors, pleine de bravoure, je tourne mon regard vers ma tortionnaire. Elle est si frêle et menue que, moi-même, je pourrais apparaître en surpoids face à elle.
Puis viennent les herbes. Je comprendrais après coup l’utilité de la marmite à vapeur au pied du matelas. Ma masseuse me tamponne énergiquement avec ce que je crois être une serviette ébouillantée. En fait, il s’agit des fameuses herbes que l’on a réclamé et pour lesquelles on a payé un surplus. Pour sûr, ça chauffe plus que bien !
Lorsque « Petite mais costaud » m’annonce « Finish », je suis soulagée mais également très détendue par toutes ces frictions musculaires. Nelly, elle, est ravie et aux anges… « Ma masseuse était plus douce, je crois », me lance-t-elle.