Jackey Marsh Forest Festival, North Tasmania
Le Jackey Marsh Forest Festival se déroule près de Quamby Bluff, à une vingtaine de kilomètres de Deloraine, dans le nord-est de la Tasmanie. Il est né de la révolte et la protestation pacifiques contre l’érection du barrage de la Franklin River en 1973 et cette édition marque sa 25ème année d’existence. Il reste encore aujourd’hui un repère d’activistes et d’écolos de la première heure.
Nous revenons juste d’un Forest Festival qui nous a, comment dire, laissé penaudes. Nous en rêvions depuis belle lurette et devions même y être bénévoles mais rien ne s’est passé comme prévu.
Depuis Melbourne, nous avions contacté un certain John, Wwoof host qui participait au festival et était d’accord pour nous accueillir… sur son parquet car sa maison était comble de wwoofers pour l’occcasion.
Malheureusement, la veille de nous rendre chez lui, nous avons réussi à pirater un réseau Wifi près de Boat Harbour Beach (vous auriez du nous voir dans le van : « Avance un tout petit peu… Non, recule… encore un peu… Oui, là, c’est bien ! »). On a d’ailleurs jamais eu une connexion aussi rapide, quelle comble ! En allant consulter nos mails, nous avons eu la mauvaise surprise de voir que John était dans l’impossibilité de nous accueillir, voire même d’aller au festival.
Rien n’étant tragique, nous avons saisi notre guide de Wwoofing et avons appelé une certaine Rosemary, celle-là même qui accueillait la venue du festival sur ses terres. On voulait d’ailleurs faire du Wwoofing chez elle pour une autre raison : elle a pour projet de faire de sa propriété une résidence d’écotourisme avec visite thématique de la forêt environnante.
Le contact téléphonique a été plutôt austère. Elle n’avait plus de places chez elle pendant le festival, n’avait pas besoin de plus de bénévoles et ne savait pas si elle voulait accueillir des wwoofers après le festival. On pouvait toujours s’y rendre et voir sur place pour le bénévolat. Face au manque d’enthousiasme de mon interlocutrice, j’avoue avoir été quelque peu refroidi par cet échange bref et direct.
Comme nous ne nous laissons vraiment pas abattre, nous nous sommes quand même rendues sur place à midi, le jour de l’inauguration. Après nous être acquittées des 25 dollars de droit d’entrée à la journée (contre 150 les trois jours !), nous avons atterri au cœur même d’un vaste chantier. Tout n’était que préparatifs, montage et discussions. Il y avait tout de même la visite d’une grotte voisine prévue sous peu et il restait justement deux places. Quelle aubaine, nous nous sommes donc inscrites car, de toute façon, il n’y avait rien d’autre à faire qu’à contempler les bâches et les poteaux.
On a rejoint le groupe et, après comptage, la guide de l’expédition, une dame aux cheveux longs grisonnants qui, ô grand jamais, ne regarde son interlocuteur dans les yeux lorsqu’elle s’adresse à lui, s’est rendue compte qu’il y avait 15 personnes et non 12 comme la visite le requiert. Allez donc savoir pourquoi, notre dame au regard franc a donc claironné que les deux dernières personnes inscrites ne pourront pas faire parties de l’expédition. Oui, oui, 15 moins 12, ça fait 2 apparemment…
Après vérification, nous avons constaté que nous étions les 11ème et 12ème inscrites, donc totalement en droit de participer à la visite. La faute revenait à notre guide car elle avait convié des personnes le matin même mais celles-ci étaient venues sans s’inscrire, d’où le souci arithmétique.
On pouvait finalement rejoindre le groupe à la borne d’entrée pour partir en voiture avec eux. Comme rien depuis le début ne s’était passé comme convenu, nous sommes arrivées à l’entrée et… les voitures étaient parties sans nous ! Sympa et très eco-friendly comme attitude ! Ne jamais soutenir le regard de son interlocuteur est bien une preuve de bravoure et de sincérité, non ?
Finalement, on a fini par faire une marche de 4 heures dans la forêt adjacente avec un guide, Andrew, accompagné de sa fillette de 6 ans, Tan. Très instructif et apaisant.