On jette la serpillère!
Après un peu moins de trois mois à faire les « Conchita », nous voilà enfin on the road again…
La parenthèse Broome vient finalement de se clore et bien loin de nous l’idée de nous en plaindre ! Pourtant, elle restera associée à des visages qui ne nous quitteront pas de sitôt. Vanessa et Jérémie, nos p’tits voisins et partageurs de mini-galères, Dewa, pour le sourire et les cafés plus que bienvenus durant ces longs après-midi de travail, Keiko et Nobuko, nos collègues japonaises, Marie et Brieu, nos caissiers belges favoris, Claudine, Christelle, Delphine, Perrine, la bande des quatre bringueuses qui nous ont vraiment prises pour des mamies. Faut dire qu’aller au lit à 21 heures, préférer regarder des DVD plutôt que de sortir, refuser d’aller aux beach parties bourrées de backpackers, c’est pas très rock ‘n’ roll. Et oui, l’Australie nous aura bien changé !
![]() Marie et Brieu | ![]() L'ami chinois - Dewa - Nobuko - Keiko | |
Voilà donc six jours que l’appel du bitume a repris ses droits et cela suffit pour nous fournir le regain d’énergie qui tardait un peu à se manifester depuis tout ce temps.
Nous nous dirigeons vers Darwin et la route, bien que supposée désertique, est plutôt intéressante. Contrairement à Nullarbor, ici, les arbres sont partout et les baobabs ne cessent de nous émerveiller par leur présence enchanteresse. A perte de vue, nos regards contemplent ces roches ocres sculptées par des temps immémoriaux. Contrairement à Nullarbor, la trajectoire n’est pas droite mais épouse les contours d’un paysage sinueux. Au coucher du soleil, le ciel revêt des couleurs arc-en-ciel. Un dégradé de jaune, rose, orange, bleu… Le Kimberley est resté sauvage et fascinant. Malheureusement pour nous, la plupart des routes ne sont accessibles qu’aux 4X4. On se cantonnera donc à la voie principale qui nous offre déjà bien plus qu’espéré.
Notre arrêt du jour nous a mené au Lake Argyle, un immense lac artificiel, le deuxième plus vaste en superficie du pays, construit pour alimenter plus de 23000 hectares de terres.
Comme partout ailleurs, nous avons rencontré des Français, mais, contrairement à partout ailleurs, il ne s’agissait pas de backpackers. C’est au volant d’un véhicule immatriculé dans la Drôme que nous avons approché, intriguées, Eric et Michelle. Tous deux sont à la retraite et sillonnent les routes du monde depuis plus de quatre ans et demi. Le déclic est venu, il y a plus de 20 ans, lors d’une année sabbatique passée dans le désert africain accompagnés de leurs trois enfants alors âgés de 3, 4 et 5 ans. Ils ont à ce moment pris conscience qu’il n’était aucunement question pour eux de travailler jusqu’à 65 ans, que la vie avait autre chose à leur offrir. Retraités à 56 ans, ils ont alors emprunté les chemins de la bohème. De leurs enfants, l’on apprendra que l’un vit à Singapour, l’autre s’est construit un voilier avec un ami pour traverser la Méditerranée et la dernière, « La couillonne ! » (dixit Eric, on n’oserait pas !), vit à Lyon et a un emploi tout ce qu’il y a de plus banal.
Michelle et Eric au volant
Pas moins de vingt minutes après les avoir quittés, nous tombons nez à nez avec notre deuxième couple de Français, Laure et François. Cela fait 15 ans que tous deux promènent leurs petits bonhommes de chemin au gré de leurs envies. Egypte, Crète, Madagascar… Au bout de deux et demi d’installation dans un pays, l’envie les titille de reprendre la route et les fourmis dans les jambes prennent le dessus sur tout le reste. Nous échangeons brièvement quelques bons plans gratuits, comme tous Français dignes de ce nom, et nous quittons pour trouver un endroit où dormir car la nuit ne va pas tarder à tomber.
Au centre d’information de Katherine, deux jours plus tard, nous nous retrouvons de nouveau nez à nez avec François et Laure ! L’Australie est plus vaste que l’on ne croit lorsqu’on n’y a jamais mis les pieds mais, comme elle n’est composée que d’une route principale, il arrive souvent de recroiser des gens rencontrés en cours de parcours.
De nouveau, la discussion suit son cours naturellement et, de fil en aiguille, de centre d’information en pub, nous finissons la soirée en bord de route, sur une aire de repos pour camionneurs, à préparer des crêpes. Quel régal et quelle soirée agréable !
Francois et Laure
Il s’avère même que nous nous retrouverons en Thaïlande : la veille de notre départ de Bangkok correspond à leur arrivée à eux ! Comme quoi, la vie nous concocte parfois des détours plutôt surprenants.

